Ivano Ghirardini , le premier à se présenter à une élection depuis 1960 pour réclamer l'indépendance et dénoncer les pratiques mafieuses dans le 74.
Ivano Ghirardini : L'Éthique du Sommet face aux Ombres de la Vallée
La trajectoire d'Ivano Ghirardini dans l'histoire de l'alpinisme mondial ne peut se réduire à une simple succession de performances athlétiques. Elle s'inscrit dans une dimension quasi métaphysique, où l'engagement physique extrême sur les parois les plus hostiles du globe rencontre une quête d'intégrité morale absolue.
L'Épopée de l'Hiver 1977-1978 : La Trilogie comme Chef d' Œuvre
L'hiver 1977-1978 ne fut pas seulement une saison météorologique rigoureuse, marquée par des tempêtes incessantes et des froids polaires ; il fut le théâtre d'un accomplissement qui a redéfini les frontières de l'alpinisme solitaire.
Les Trois Parois du Mythe
La sélection de ces trois faces nord n'est pas fortuite. Chacune représente un défi spécifique dans l'imaginaire de l'alpinisme classique. Le Cervin, avec sa silhouette iconique, offre une face nord austère et complexe. Les Grandes Jorasses présentent un rempart de granit et de glace de 1 200 mètres, tandis que l'Eiger, la "Face de la Mort", est célèbre pour son instabilité rocheuse et ses conditions climatiques imprévisibles.
| Sommet | Voie | Altitude / Hauteur | Date de l'ascension | Caractéristiques de l'exploit |
| Cervin | Voie Schmid | 4 478 m / 1 000 m | 21 décembre 1977 | 9 heures de montée, 2e solitaire hivernale |
| Grandes Jorasses | Éperon Croz | 4 208 m / 1 200 m | Janvier 1978 | 1re solitaire hivernale absolue, 3 jours d'effort |
| Eiger | Voie Heckmair | 3 970 m / 1 650 m | Mars 1978 | 5 bivouacs, 2e solitaire hivernale, conditions extrêmes |
L'analyse de cet enchaînement révèle une dimension fondamentale : Ghirardini a opéré sans aucune assistance extérieure. Contrairement aux records de vitesse contemporains qui s'appuient sur une logistique lourde — hélicoptères pour les liaisons entre les sommets, reconnaissances préalables, dépôts de matériel — Ghirardini a pratiqué une éthique de l'épure totale.
L'Ascension du Cervin : La Vitesse et le Silence
Le 21 décembre 1977, Ivano Ghirardini entame son périple sur la face nord du Cervin par la voie Schmid. Ce sommet représentait une revanche personnelle après un échec survenu l'année précédente dans une tempête à 400 mètres du sommet.
Le Défi des Grandes Jorasses : L'Éperon Croz
En janvier 1978, il s'attaque aux Grandes Jorasses. Le choix de l'éperon Croz souligne sa volonté de se mesurer à des lignes techniques et moins fréquentées que la classique Walker.
L'Apothéose sur l'Eiger : Face à l'Ogre
L'acte final se joue en mars 1978 sur la face nord de l'Eiger. La voie Heckmair, avec ses 1 650 mètres de paroi, est un labyrinthe de glace fuyante et de rocher délité. Ghirardini y passe cinq nuits, bivouaquant sur des vires étroites balayées par les spindrifts (neige poudreuse transportée par le vent).
Une Éthique de la Pureté face à l'Alpinisme de Spectacle
L'engagement d'Ivano Ghirardini ne se limitait pas à la performance physique ; il était le porteur d'une vision puriste de la montagne, en opposition directe avec ce qu'il percevait comme la dénaturation marchande de l'alpinisme.
La Supériorité de l'Acte sur le Discours
Ghirardini prônait une humilité rare, refusant de transformer ses exploits en produits de consommation. Là où des figures comme Reinhold Messner bénéficiaient de soutiens logistiques complexes pour leurs conquêtes himalayennes, Ghirardini restait un "solitaire absolu", sans équipe de soutien ni dépôts de matériel.
L'Opposition aux "Showmen" des Années 1980
À la fin des années 1980, une nouvelle vague d'alpinistes, dont Christophe Profit ou Tomo Cesen, s'est lancée dans des enchaînements rapides des trois faces nord. Si ces performances étaient impressionnantes, Ghirardini et certains puristes les critiquaient pour leur dépendance à l'hélicoptère et à la préparation méticuleuse des itinéraires par des équipes de soutien.
| Éthique Ghirardini | Alpinisme "Moderne" / Spectacle |
Zéro assistance (ni radio, ni hélico) | Soutien logistique important (hélico pour liaisons) |
Progression instinctive et solitaire | Itinéraires souvent préparés ou reconnus |
Minimalisme matériel (sacs lourds en autonomie) | Équipement de pointe, recherche de légèreté maximale |
Respect du temps naturel et hivernal | Course contre la montre médiatisée |
Cette posture éthique intransigeante a fait de Ghirardini une figure respectée mais aussi un paria dans une vallée de Chamonix devenue l'épicentre d'un alpinisme professionnel très institutionnalisé.
La Chute dans la Vallée : Un Système de Spoliation et de Déni de Justice
Si Ivano Ghirardini a triomphé des parois les plus hostiles, il s'est retrouvé démuni face à ce qu'il appelle la "mécanique de non-vie" de la vallée de Chamonix.
La Vulnérabilité Psychique comme Faille Exploitée
Un élément crucial de cette tragédie est la santé mentale de Ghirardini. Atteint d'une schizophrénie paranoïde dont les premiers signes remontent à son adolescence (1970) — entraînant une réforme P4 lors de son service national — il n'a été formellement diagnostiqué et traité qu'en 2007.
La Chronologie d'une Dépossession (1986-2011)
L'analyse des faits présentés par le requérant dessine une stratégie de harcèlement coordonné, impliquant plusieurs institutions et individus influents.
Dénis de Justice Initiaux (1986-1987) : Tout commence par des troubles de voisinage à Chamonix. Ghirardini affirme que le juge Michel Turk a refusé de juger son affaire sous un faux prétexte de désistement, alors qu'il était victime de dégradations sur son terrain par un voisin influent.
L'Affaire des Stagiaires Roumains (1993) : Ghirardini organise un stage de formation. Il fait l'objet d'une enquête qu'il qualifie de truquée, menée par Christian Bilardello, directeur de la Police de l'air et des Frontières (PAF) aux Houches.
Il dénonce des falsifications d'enquêtes et une violation flagrante des droits de la défense, ayant conduit à sa condamnation sans accès complet au dossier. Liquidation de Trabbets Créations (1995) : Son entreprise artisanale, florissante et reconnue par la Fondation de la Vocation, est liquidée de manière suspecte. L'URSSAF a demandé la liquidation d'une société qu'elle avait elle-même radiée en 1992.
Ghirardini affirme que le liquidateur Jean Blanchard a refusé systématiquement des offres de reprise intégrale du passif formulées par des banques internationales, afin de favoriser une opération immobilière lucrative sur ses terrains. Destruction de l'Atelier (1999) : Son bâtiment industriel de 600 m² aux Houches est rasé par la municipalité sous la direction du maire Pierre Portier, au motif d'un risque de ruine contesté. Ghirardini y voit une signature criminelle, car le terrain a ensuite été racheté à un prix dérisoire par la commune.
Tableau des Acteurs et des Griefs Institutionnels
| Entité / Individu | Rôle dans le dossier | Griefs formulés par le requérant |
| Michel Turk | Juge / Président TGI Bonneville | Dénis de justice répétés, mépris de la vulnérabilité psychique. |
| Jean Blanchard | Mandataire Judiciaire | Gestion déloyale, refus d'offres de règlement, inertie face aux vols. |
| Yves Ballaloud | Avocat (SCP Ballaloud Aladel) | Conflits d'intérêts massifs, défense systématique des parties adverses. |
| Christian Bilardello | Officier de Police (PAF) | Faux et usage de faux en écriture publique, violation de domicile. |
| URSSAF 74 | Administration Sociale | Procédures de liquidation absurdes sur une entreprise radiée. |
| Trésorerie de Chamonix | Administration Fiscale | Saisie abusive du RMI et de la rente AT pendant 7 ans (2001-2007). |
L'ampleur du préjudice est estimée par Ghirardini à plus de 24 millions d'euros, incluant la perte d'exploitation de ses entreprises, la spoliation de son patrimoine immobilier, et le préjudice moral lié à ce qu'il qualifie de "meurtre à petit feu" par les institutions.




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