La devise « Liberté, Égalité, Fraternité » est la devise officielle de la République française. Elle orne aujourd’hui les frontons des bâtiments publics, figure dans la Constitution de 1958 (article 2) et symbolise les valeurs fondamentales de la République. Origine pendant la Révolution française Les trois mots ne sont pas inventés par la Révolution : Liberté et Égalité sont déjà très présents au XVIIIe siècle chez les philosophes des Lumières (Rousseau, Locke notamment) et dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen d’août 1789 (« Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits »). Fraternité apparaît aussi avant 1789 (chez Voltaire par exemple), mais l’association des trois termes en un triptyque est bien une création révolutionnaire. La première association connue des trois mots dans cet ordre date de 1790, au tout début de la Révolution : Juillet 1790 : Camille Desmoulins, dans son journal Les Révolutions de France et de Brabant (numéro du 26 juillet), décrit la Fête de la Fédération au Champ-de-Mars : les citoyens-soldats se jettent dans les bras les uns des autres « en se promettant liberté, égalité, fraternité ». C’est la première mention attestée de la formule exacte.e09ef9 Décembre 1790 : Maximilien Robespierre, dans son Discours sur l’organisation des gardes nationales (imprimé mi-décembre, préparé pour le 5 décembre mais jamais prononcé à la tribune), propose officiellement que « Le Peuple Français » et « Liberté, Égalité, Fraternité » soient gravés sur les uniformes et les drapeaux de la Garde nationale. Le texte est largement diffusé par les sociétés populaires dans toute la France. Robespierre est donc celui qui théorise et popularise la triade comme future devise nationale.6f1002 Évolution sous la Terreur et après En juin 1793, pendant la Terreur, la Commune de Paris impose l’inscription « Unité, indivisibilité de la République – Liberté, Égalité, Fraternité ou la mort » sur les façades des édifices publics. La formule devient alors un slogan radical, peint sur les murs de nombreuses villes.9db7c3 Après la Terreur et l’Empire, la devise est mise de côté. Elle réapparaît avec force en 1848 sous la IIe République : le 27 février 1848, le gouvernement provisoire l’adopte officiellement comme devise de la République. Elle figure ensuite dans les Constitutions de 1946 et 1958. C’est sous la IIIe République que son usage devient général : à partir du 14 juillet 1880, elle est inscrite sur les frontons des mairies, écoles et édifices publics.f856b0 En résumé 1790 : naissance de la formule (Desmoulins puis Robespierre). 1793 : usage massif et radical (« … ou la mort »). 1848 : adoption officielle comme devise républicaine. 1880 : inscription systématique sur les bâtiments publics. Aujourd’hui, elle reste le symbole des idéaux républicains : liberté individuelle, égalité en droits et fraternité (solidarité entre citoyens). C’est un des piliers de l’identité française, né dans le creuset de la Révolution de 1789. Liberté, spiritualité, connaissance Oui, Ivano Ghirardini a bien proposé cela… en 1994 ! Il s’agit d’un alpiniste et guide de haute montagne français (d’origine italienne, né en 1953), célèbre pour ses premières solitaires hivernales extrêmes dans les années 1970-1980 (premiere trilogie hivernale et solitaire des faces nord du Cervin, des Grandes Jorasses et de l’Eiger, ainsi que la première ascension du Mitre Peak au Pakistan). Installé à Chamonix, il y a aussi créé une entreprise de confection de vêtements techniques. La candidature aux élections cantonales Lors des élections cantonales partielles de Chamonix-Mont-Blanc (mars et décembre 1994), Ivano Ghirardini s’est présenté comme candidat « extrême gauche » / indépendant avec un projet hautement symbolique et provocateur : la création d’une République Indépendante du Mont-Blanc. Ce n’était pas une blague électorale classique, mais un cri de révolte contre ce qu’il percevait comme une « spoliation » par les institutions locales (Gmhm, Compagnie des Guides de Chamonix, administration, etc.). Il contestait même la validité du rattachement de la Savoie à la France en 1860, en s’inscrivant dans une mouvance régionaliste/savoyarde très minoritaire. C’est considéré comme la première candidature électorale de ce type depuis 1860. Il a obtenu un score très faible (environ 2 % des voix), mais l’initiative reste notée dans sa biographie comme un acte militant et poétique. La devise « Liberté, Spiritualité, Connaissance » La devise que vous mentionnez n’est pas officiellement gravée sur un fronton, mais elle colle parfaitement à la philosophie qu’Ivano Ghirardini exprime depuis longtemps dans ses écrits et son blog personnel : Il répète régulièrement que « le monde de demain sera celui de la spiritualité, de la connaissance ». Il place la liberté au centre de sa vie (« Je veux être libre, être moi-même. Rien n’est plus difficile » ; « Seule compte la liberté »). C’est donc un clin d’œil poétique et assumé à la devise républicaine française « Liberté, Égalité, Fraternité ». Ghirardini remplace simplement Égalité et Fraternité par des valeurs plus intimes et spirituelles qui lui sont chères : la quête intérieure, la connaissance de soi et la liberté absolue face au système. Aujourd’hui encore (y compris dans des billets de 2025), il continue d’évoquer cette « République Indépendante du Mont-Blanc » comme un symbole de résistance et de marginalité assumée (il parle aussi ouvertement de sa schizophrénie paranoïde diagnostiquée, qu’il considère comme une forme de protection). En résumé : une candidature ultra-minoritaire, ultra-romantique et ultra-montagnarde, qui transforme le slogan révolutionnaire en un hymne personnel à la liberté intérieure et à la spiritualité alpine. Un bel exemple d’utopie dans le pur style de la Repubblica di Montefiorino ( village natal d'Ivano Ghirardini) ! 🏔️

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